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Lucy

Lucy – Luc Besson – 2014 – 

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A aucun moment avant d’insérer le DVD dans le lecteur je ne me serais imaginée que je serais pour la deuxième fois consécutive décidée à ne pas terminer le visionnage d’un film. Un reccord pour moi ! Même face au pire des nanars, je tiens bon mais ces derniers temps, il faut admettre que je dois avoir moins de temps à perdre. Donc, après Dark Shadows de Tim Burton, spectacle raté du retour d’un vampire à notre ère et prêt à en découdre avec une sorcière libidineuse, voici Lucy, dernier bébé de Luc Besson et presque mort-né.

L’idée avait tout pour plaire : Scarlett Johanson – furieusement sexy – se fait choper par des chinois (ou japonais sais plus), se fait fourrager dans l’estomac une drogue destinée à faire des ravages en Europe et voit suite à quelques coups mal placés son organisme ingérer une partie de cette drogue. Ce qui lui vaudra une expérience à la Spiderman, à se retrouver les quatre fers en l’air, prête à exploser. C’est que son cerveau petit à petit (et très rapidement) use de toutes ses capacités, jusqu’au 100%. J’ai tenu jusqu’aux 28%. Le pitch était sexy dans le sens où l’on assisterait au spectacle d’une Scarlett vengeresse et complètement speedée mais les aspects invraisemblables du scénario ont eu raison de ma patience. Je ne suis pas contre un peu de folie, que du contraire, mais si la sauce ne prend pas d’entrée de jeu, comment faire pour s’y accrocher ? Je vous le demande.

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Dark Shadows

Dark Shadows – Tim Burton – 2012 – 

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Tim Burton a, depuis quelques années, perdu de son aura auprès des cinéphiles. Le cinéaste s’est formalisé, répété, perdu en chemin. Jusqu’au jour où le projet d’adaptation de Dark Shadows a été dévoilé. Un savant cocktail d’humour et de gothique, voilà la recette idéale pour relancer l’inspiration de Tim, qui aurait pu avec ce projet se défouler complètement. Cependant, au vu du film, au vu des attentes placées dedans, au vu de l’imagination en temps normal riche du réalisateur, nous avons avec Dark Shadow un film effectivement mi-comédie, mi-gothique, un univers propre au réalisateur, mais désespérément sans saveurs. Ca reste terriblement formel et sans charme. Il y a des excellentes idées dans l’air mais portées à l’écran comme elles l’ont été, à savoir platement, elles n’atteignent que difficilement leur but. Tout au plus, Dark Shadows parvient à divertir et à offrir un rôle caméléon de plus à Johnny Depp, et pis c’est tout. Pour être tout à fait honnête, je n’en ai même pas vu la fin, ce qui est une habitude bien rare chez moi. Et ne pas finir un film en dit long sur ce qu’on en a pensé : ennui.

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Final Fantasy XII PS2

| Final Fantasy XII – Square Enix – 2007 – ★★★★★

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Comme bien souvent, dès que j’atteins la quarantaine d’heures d’activité sur un jeu dont la durée de vie est conséquente, je considère que je peux à partir de ce moment-là délivrer un avis objectif sur mon ressenti sur l’expérience de jeu. Je ne dérogerai pas à la règle pour Final Fantasy XII sur PS2.

Pendant très longtemps, j’avais envie de rebrancher ma PS2 pour rejouer à Final Fantasy XII et surtout le terminer, ce que j’avais su faire à l’époque de sa sortie. Mais si ça a tant traîné, c’est parce que d’un coté, j’avais surtout envie de me servir de la console pour découvrir des jeux que je ne possédais pas auparavant comme Rogue Galaxy ou Okami par exemple, et de l’autre coté, je voulais aussi faire certains titres sur d’autres consoles. Donc une chose en entraînant l’autre, j’ai souvent reporté la reprise en main de FFXII. Jusqu’à il y a quelques semaines où j’ai enfin sauté le pas. Pour mon plus grand bonheur !

Reprendre Final Fantasy XII, c’est reprendre une vaste aventure faire d’heures et d’heures de jeu, d’exploration et de combats divers. émoticône heart

Final Fantasy XII est un jeu dont l’introduction se révélera déterminante car elle est longue et fastidieuse pour certains. Avant d’en être libérés, les premières heures de jeu mettent au clair le système de gameplay très travaillé, accessible à tous et chacun, et ceci dans une progression en couloir, où souvent on a l’impression de ne pas en voir le bout. Une erreur pour Square car c’est le genre de mise en bouche qui pourrait décourage ou dégoûter simplement le jouer qui a soif d’exploration à l’extérieur et veut avoir le sentiment d’avancer. Pour ceux qui tiennent le coup, une fois libres, ils peuvent enfin découvrir l’univers d’Ivalice, très riche en contenu et en interaction. Parcourir Ivalice, c’est parcourir des zones aussi vastes que diverses, rencontrer différents peuples et races qui ont qu’une envie commune: vivre en paix et enfin, admirer la profondeur de champ du jeu, des plus impressionnantes de par la possibilité de déjà apercevoir la zone suivante et d’observer au loin les conditions météo de certains lieux sauvages.

En conséquence, l’exploration demandera des heures et des heures pour bien retourner tous les recoins et chaque pierre des différents lieux que la troupe de héros traversera. Des héros, parlons-en ! Les personnages sont chacun à leur manière attachant et tous bien esquivés au niveau du caractère et du mystère qui les entoure. Chacun a quelque chose à raconter et ceci à petites doses tout au long du titre. Sur les six personnages que l’on contrôle, parfois un invité se joint à la troupe et peut s’avérer d’une aide précieuse lors des à-cotés du jeu comme les chasses ou les quêtes. Outre une exploration déjà très chronophage, Final Fantasy XII propose également des sous-quêtes comme les chasses aux monstres, la recherche d’objets et d’armes rares ou encore de petites quêtes qui n’affectent pas le déroulement de l’histoire mais permettent de s’immerger encore plus dans le jeu, très soigné graphiquement malgré un aliasing prononcé par moments mais immersif avant tout. Des petits plus en somme, qui non seulement rallongent considérablement la durée de vie du jeu mais aussi étoffent son contenu dans le sens où ça lui permet d’éviter d’être trop redondant et de faire du level-up divertissant entre chaque progression dans l’histoire.

Enfin, il est temps d’en venir au gameplay, source aussi de discussions. Celui-ci repose principalement sur un système de gambits et de permis. Les premiers sont des paramètres automatiques que l’on applique à tel personnage pour que ce dernier, suivant les conditions préétablies, agisse automatiquement sans que l’on doive lui donner un ordre. Les gambits peuvent à la fois permettre de gagner du temps dans la gestion des combats en laissant faire les personnages pour mieux réfléchir à l’action à effectuer ou de se retrouver dans l’impasse justement par manque de temps/réaction. Mais attention, qui dit gambits qui « font tout à votre place » ne dit pas que justement vous devez obligatoirement les activer. Le choix est libre, les conditions d’action diverses et les stratégies à opter infinies. Personnellement, je n’ai à ce stade du jeu pas encore exploité le système dans son ensemble, n’ayant activé que les gambits d’attaque et de soins de zone de base, afin de garder une bonne marge de manoeuvre. Comme les choses vont graduellement avoir tendance à se corser, les gambits pourront être utile pour par exemple pousser un personnage à lancer automatiquement un sort de célérité sur ses coéquipiers quand celui-ci se dissipe ou un sort de magie sur le monstre qui y sera sensible. Les permis eux permettent de débloquer des armes, protections, magies et autres divers suivant ce que l’on veut bien faire correspondre aux personnages. Comme tout ou presque est payant dans le jeu, ce qui est plus d’une fois fort pénible et casse-pied parce qu’en plus d’être payant, c’est cher, très cher, les permis permettent de mieux cibler ce que l’on pourrait acheter et donc de limiter entre guillemets la dépense.

Au final, parce que là j’ai écrit un sacré pavé et que je dois bien en finir à un moment donné, Final Fantasy XII est une sacrée aventure ! Une des plus belles que j’aie pu vivre sur console de salon. Ne vous laissez pas rebuter ni par son aspect parfois très « Star-wars » ni par l’introduction. Soyez ingénieux, mettez-vous des défis, enchaînez des séries de monstres bien spécifiques pour obtenir de meilleurs butins, cherchez à obtenir tous les éons, faites les chasses, ne vous tournez pas les pouces grâce aux gambits. Jouez vraiment et intelligemment, et le jeu ne devrait que vous plaire !

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Hanna

 Hanna – Joe Wright – 2011 – ★★★☆☆

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Hanna… Voilà un film quelque peu méconnu de la filmographie de Joe Wright. En effet, on aurait surtout tendance à connaître le réalisateur par le rayonnement de ses perles que sont Pride and Prejudices, Atonement, Anna Karenina que pour ses films qui justement sortent du cadre du film à costumes ou d’une autre génération que la nôtre. Hanna fait partie de ces rares films, parce que le réalisateur n’en a pas réalisé une flopée non plus, que l’on associerait pas immédiatement à son auteur. Et dans un sens, cela pourrait se comprendre puisque Hanna n’est pas son meilleur film à ce jour ni celui qui se rapprocherait le plus de son style.

Hanna, c’est le joli prénom du personnage principal de l’intrigue, amené dès son plus jeune âge à s’entraîner pour devenir une véritable combattante hors-pair dans la forêt dans laquelle elle vit en autarcie avec son père. Jusqu’au jour où le duo est obligé de se séparer, une certaine Wiegler sur leurs traces.

Le quatrième long-métrage de Joe Wright ne m’a, dans son ensemble, pas déçue mais ne m’a pas pour autant totalement conquise. Globalement, Hanna est un film qui brille par sa photographie, sublimant pas mal de séquences et sa bande-son rythmant avec brio l’essentiel du long. Le tout mis en valeur par une réalisation toujours aussi soignée et inspirée de son auteur. La caméra de Joe ne démérite pas durant presque deux heures, donnant à ce film d’action des allures de conte moderne.

Ce qui pèche surtout, c’est son scénario. Inégal, celui-ci est sur le départ intéressant, très intéressant même vu comment est introduit l’histoire, focalisée durant les premiers instants sur cette jeune fille coupée du monde moderne, sauvage et incarnée par la brillante Saoirse Ronan, et son père, le discret mais juste Eric Bana avant de rapidemennt s’essouffler. L’intrigue soulève beaucoup de questions, dont une partie recevra des réponses, de façon peu subtile et d’autres resteront entourées de mystère. On tente du mieux qu’on peut d’ignorer ces failles du scénario mais elles sont tellement évidentes qu’il est difficile de fermer les yeux dessus. Heureusement, Hanna a d’autres atouts comme cette retranscription pour le moins original de la découverte d’un nouveau monde, avec une petite touche d’onirisme. Pour peu, on se croirait presque dans un conte.

Bref, le résultat laisse un goût mitigé. Les films d’action ne sont certainement pas la tassé de thé de Joe Wright mais ceci ne l’a pas empêché de tenter l’expérience et de nous faire découvrir un film soigné visuellement, mené par un très beau casting. Si seulement le scénario avait également suivi, on aurait pu avoir quelque chose de bien plus abouti. 

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Nos pires voisins

Film Title: NeighborsAccueillir de nouveaux voisins, c’est un peu comme jouer de la roulette russe. Seront-ils un couple charmant? Des personnes âgées tranquilles? Un célibataire discret? Ou une fraternité menée par un leader aussi sexy que peu enclin à diminuer le son de ses soirées estudiantines festives? C’est le gros lot qu’ont tiré Seth Rogen & Rose Byrne dans ce film aux allures trash et sur lequel pèse l’accent doux amer du passage à la vie adulte.

Pour la saison estivale, Nos pires voisins est un divertissement idéal à voir entre amis. Seulement, le film manque de surprises! L’essentiel de son contenu a été démontré dans la bande-annonce, annihilant pour le coup tout effet de surprise pour les gags, qui tombent à plat pour le coup et l’ensemble du long ne fait pas preuve de plus d’imagination pour les phases d’humour, vues et revues. Il est quasiment certain que si je n’avais pas vu la bande-annonce au préalable, j’aurais ri à gorge déployée devant certains gags.

Mais si de ce coté-là la déception a pointé, je ne pas cacher que l’ensemble de la distribution s’est révélée, pour une comédie graveleuse, très juste. Rose Byrne et Seth Rogen forment un couple aussi inattendu que réussi, s’harmonisant tout particulièrement bien lors des gags. Il en va de même pour Zac Efron, étonnement à l’aise dans son rôle même si celui-ci a manqué à mon sens de profondeur pour s’y attacher.

Ce qui fut également plaisant dans le film, c’est le coté réaliste de la mise en scène et de certaines des situations. On s’identifie sans trop de mal à ce couple de trentenaire fraîchement devenus parents et installés dans une nouvelle maison, faisant alors face à une vie d’adultes responsables derrière laquelle ils ont laissé leur vie faites de sorties et soirées arrosées. Par contre, on ne nous épargne pas certains stéréotypes classiques parmi les personnages secondaires, ce qui peut s’avérer agaçant lorsqu’ils apparaissent à l’écran.

Pour résumer, Nos pires voisins fut à un certain niveau le divertissement que j’attendais et qui aurait pu être pratiquement la comédie hilarante qu’il aurait dû être s’il n’avait pas été pratiquement dévoilé dans son ensemble dans la bande-annonce, parasitant ainsi le plaisir qui aurait dû être retiré. La distribution et le scénario sont au service du divertissement tout en mettant en exergue la nostalgie de la jeunesse et le passage à la vie adulte, sans toutefois verser dans le film d’auteur, on est bien d’accord.

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The Legend of Zelda: The Minish Cap

 The Legend of Zelda: The Minish Cap

– Nintendo GBA – 2004 –

★★★★☆

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Des épisodes Zelda sur Game Boy, je n’en garde pas un bon souvenir. A l’exception d’un seul qui aura sur m’embarquer dans son univers mignon et coloré : « The Legend of Zelda: The Minish Cap ».

Avec pourtant un peu plus de dix ans au compteur, le titre n’a rien perdu de son charme, qui opère avec efficacité, comme s’il venait de sortir. Comprenez par là qu’importe s’il date d’hier ou d’aujourd’hui, les graphismes très soignés du titre et son univers à multiples proportions embarqueront à coup sûr le joueur dans la quête de Link et d’Exelo pour sauver Hyrule des griffes d’un vilain sorcier qui aura, pour bien fâcher Link, pétrifié la princesse Zelda (au moins, on n’aura pas à lui courir après).Vieux de dix ans mais intemporel d’une certaine manière.

Graphiquement plaisant et fin, cet épisode m’a aisément embarqué dans son monde à deux tailles. En effet, dans le monde d’Hyrule, on croise ses habitants, en tous points semblables à Link mais pas seulement puisqu’au fur et à mesure de l’histoire, on en vient à découvrir le peuple des Minish, des êtres minuscules. Pour les côtoyer, il faut se mettre au niveau de ces petits êtres et c’est là que le jeu en devient particulièrement intéressant ! Le fait de grandir ou de rapetisser permet au titre de jongler entre deux perspectives différentes: soit il faut prendre de la hauteur pour mieux voir, soit il faut se faire tout petit pour passer entre les mailles du filet. Grosso modo; en ayant la taille d’un Minish, on peut se faufiler facilement là où un humain ne pourrait s’y rendre. Outre le changement de taille qui amène un vent de nouveauté à la série Zelda, The Minish Cap recèle d’énigmes, d’endroits secrets et de quêtes qui nécessitent de recourir souvent au changement de taille. C’est sans compter aussi sur les items, qui jouent sur la nouveauté et la nostalgie des précédents opus, utiles à la progression.

Toutefois, malgré ses nouveautés et un level-design très plaisant, cet onzième épisode de la série reste relativement simple en comparaison de ses prédécesseurs ou de ses aînés. Plus simple certes mais pas moins agréable pour autant tant l’univers est plaisant et l’histoire sympathique sans toutefois atteindre des sommets d’écriture. Ça reste prévisible de bout en bout. Les principaux atouts du scénario est de mettre en lumière un nouveau peuple à ajouter à la liste des fréquentations de Link et de jouer sur les perspectives.

Enfin, ce Zelda fait partie de mes préférés et du seul qui m’ait séduit sur Game Boy. Tantôt novateur, tantôt habité par le fantôme de ses prédécesseur, The Legend of Zelda: The Minish Cap devrait séduire ou décevoir suivant le fait qu’on accrochera ou pas à son univers.

Mes Zelda préférés ? Minish Cap, Twilight Princess, Wind Waker. Et les vôtres?

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Evil Dead (1981)

franchi_evildeadEvil Dead est le premier film d’une série aujourd’hui devenue culte et initiée par Sam Raimi, faisant même l’objet d’un remake par le réalisateur himself en 2013. Cet Evil Dead, réalisé bien avant que les films d’horreurs deviennent des œuvres banalisées produites à la pelle pour amasser le max d’argent possible, est un pur bonheur pour se détendre. Juste pour se détendre parce que le regarder pour avoir les jetons, ce n’est tout bonnement pas possible! Pour la simple et bonne raison qu’à ce niveau-là, le film a tellement mal vieilli qu’il prête plus à rire qu’à traumatiser.

Bidouillé avec les moyens du bord, Evil Dead apparaît aujourd’hui comme un film qui visuellement accuse mal le coup. L’image pique aux yeux au lieu de se bonifier avec les ans. Mais disons que n’est qu’un vilain détail qui ne cache pas la beauté du reste parce qu’en dehors de cette qualité d’image qui frise la catastrophe pour nos yeux maltraités, Evil Dead se distingue par l’incroyable imagination dont il fait preuve en donnant vie aux horreurs qui vont assiéger la pauvre petite bande d’amis typique du genre. Le travail amené sur le maquillage et les effets spéciaux est époustouflant. Entre aspect délirant et horrifique, ces moments d’horreur sont en tout cas à prendre au deuxième degré au vu de leur exagération mais il n’est pas à douter qu’à l’époque ces épanchement de sang et de coup ont effrayé plus d’un!

Ce second degré se retrouve également dans la direction d’acteur et le scénario qui tient sur un ticket de métro. Le film se savoure donc à sa juste valeur en lorgnant du coté de sa plastique et de l’ambition du réalisateur à filmer une oeuvre horrifique avec le peu de moyens et le plus d’imagination possible.

En clair, j’aurais passé ma foi un excellent moment devant ce petit classique du genre, heureuse de l’avoir enfin vu.

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Twelve years a slave

TWELVE YEARS A SLAVE

Solomon Northup est un Noir libre, musicien d’exception et père de famille en cette Amérique d’avant-guerre de Sécession. Du jour au lendemain, il disparait de la carte Sud des Etats-Unis pour se retrouver esclave dans sa partie Nord, passant d’homme libre à celui qui se retrouve sans rien si ce n’est d’une série de maîtres qui ne verront rien de plus en lui qu’un esclave ou un objet de dette. Le dernier film en date de Steve McQueen relate une page de l’esclavage, celle durant le 19ème, avant que l’esclavage ne soit abolit au nord du pays. Détenteur de l’Oscar et du Golden Globe du meilleur film, Twelve years a slave est un très bon film supplémentaire à la courte filmographie sans tache du réalisateur.

Pas son meilleur mais un bon cru tout de même, porté par des acteurs d’exception, tantôt connus, tantôt méconnus. Le film relate sur deux heures les douze années d’esclavage de Solomon. Très vite, on est plongé en plein coeur de sa condition, qui varie légèrement en fonction des maîtres qui l’achètent. Ainsi, sous la direction de Ford, Solomon est perçu comme un esclave mais vit dans des conditions plus modestes. Tandis que sous la coupe d’Epps, lui et ses congènères vivent dans la terreur et la violence émises par cet homme incarné par l’acteur fétiche du réalisateur, l’excellentissime  Michael Fassbender.

Cette histoire est filmé de façon plus académique, ce qui est contraire aux habitudes du réalisateur, que l’on reconnait plus pour son style épuré. McQueen se serait-il formaté parce qu’il tenait là un film source de multiples oscars? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non mais quoi qu’il en soit, je l’ai connu plus audacieux, plus contemplatif dans ses précédents films et cette patte m’a manqué dans celui-ci. Néanmoins, il n’est pas exempt de qualité ni de bonnes idées de réalisation ! Très bien interprété dans son ensemble, intéressant dans sa narration et son scénario, très propre visuellement, quelques fois cru, je n’ai pas été déçue par la qualité visuelle de son film.

Mais en parlant de cruauté, j’ai été déçue qu’au vu d’un tel sujet qui entraîne violences à tous les niveaux, ces moments-là furent édulcorés. La majorité des séquences qui montrent de la violence ne font que la suggérer. Ce qui a rendu stérile ce débat sur l’ultra-violence prétendue du film. Oui, émotionnellement, ça peut être dur mais non, visuellement cela reste encore acceptable.

Cependant, une question demeure à l’esprit: si le film est très bon et intéressant sur toute sa durée, est-il un chef d’oeuvre comme l’a qualifié la presse et les institutions? Non. D’un bon niveau en terme de réalisation, il souffre d’un manque d’informations pouvant amener à mieux comprendre ce qui maintenait la tradition de l’esclavagisme dans le sud des Etats-Unis. On parle de dettes, qu’apparemment des esclaves servent à rembourser (du moins, c’est ce qu’on suppose), on évoque vaguement la différence de mentalité entre le nord et le sud. Ce sont de petits détails qui, je pense, auraient amené le film a être plus clair sur le thème de l’esclavagisme et à être plus profond, plus ancré dans son sujet. Et par-dessus tout, je ne parviens pas à comprendre en quoi Lupita Nyong’o a mérité son Oscar, elle n’a pas le rôle le plus marquant du film ni de la liste des nominées pour la dernière remise des prix. Shocking!

Il est regrettable donc que la forme soit, en comparaison des précédents films de Steve McQueen, plus académique et édulcoré, il aurait gagné à marquer encore plus les esprits et ainsi réellement légitimer ses récompenses aux victoires. Parce qu’on le sait tous: Hollywood raffoles des belles histoires servies sur un plateau en or. Et de surcroît quand ça traite d’un sujet encore à l’heure actuelle sensible sur un pan de l’Histoire américaine. Et alors à partir de là, on se met en quête d’adoucir un maximum les angles tout en émouvant le plus possible. Très bon film en somme, à qui il manque au final un petit quelque chose pour atteindre les sommets.

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Demain j’arrête!

QUIZ_Quiz-Demain-jarrete-_7788Lire un roman rédigé par un homme où le personnage principal est une femme est une chose bien rare, d’autant plus si l’auteur, parvient haut la main à décrire des sentiments très féminins. Ce qui est le cas dans Demain, j’arrête de Gilles Legardinier, auteur de base reconnu dans le domaine du polar et subitement devenu célèbre avec ses bouquins qui apportent de vraies bouffées d’oxygène !

Julie, c’est un peu Gaston Lagaffe au féminin, elle ne loupe aucune occasion de se fourrer dans des situations rocambolesque et c’est ce qui est génial avec cette nana, presque trentenaire de son état, célibataire et surtout, en pleine fixette sur son mystérieux voisin au nom incongru (monsieur Patatras, cela ne s’invente pas!). De ses maladresses à ses états d’âme, tout y passe au fil des pages rédigées dans un style agréable à lire et addictif de par les situations déjantées décrites et une héroïne des plus attachantes et drôle.

L’ensemble du roman se dévore à une vitesse folle, difficile de se détacher des pages de ce roman aussi léger qu’entraînant. A lire si l’on aime les personnages maladroits, les premières de couvertures avec un chat portant un bonnet péruvien et les messieurs Patratras portant de lourds secrets.

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Moonrise Kingdom

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Un film de Wes Anderson, c’est avant tout un moment particulier de cinéma. Loin des films à la sauce hollywoodienne ou intellectualisé, le cinéma d’Anderson est un cinéma fait d’inventivité, particulier, coloré et barré à sa manière. Moonrise Kingdom n’échappe pas à cette recette qu’on aime adorer ou détester.

Ce qui marque en premier lieu dans Moonrise Kingdom, c’est ce sentiment de ne pas savoir si on regarde un film destiné aux jeunes ou une oeuvre qui vise les adultes. Il y a eu comme un effacement des frontières qui fascine. En tout cas moi, j’ai été fascinée tout au long par l’ambiance qu’a dégagé le film. Visuellement superbe, très soigné mais un peu mou du genou question rythme, Moonrise Kingdom ne démérite pas en terme de réalisation. Ne sont d’ailleurs pas les acteurs qui risquent de décevoir. Les jeunes comédiens  tiennent la draguée haute face aux adultes confirmés, ici plus effacés au profit des premiers. Un très beau casting en somme, au service d’une histoire un peu folle-dingue à l’ambiance aussi bien soignée que particulière.

Mais le risque avec ce genre de film, qui mêle de façon singulière l’humour, le drame et l’absurde, c’est d’être mis sur la touche dès les premières minutes. Soit on adhère de suite à cette fugue des plus absurdes, ou alors on passe immédiatement aux choses suivantes. Et si l’on adhère dès les premières minutes, on ne pourra qu’être agréablement surpris.